Un nouveau smart télescope arrive très bientôt chez DwarfLab: le DRACO. C'est désormais une certitude. Apres tous les indices et annonces depuis le salon du NEAF au printemps, nous voici proches de la sortie d'un ''mini-monstre'' de 90 mm d'ouverture... Oui 90mm, vous avez bien lu!
Mais avant de plonger dans les caractéristiques techniques probables (certaines confirmées) du Draco, revenons un peu sur les indices qui nous ont peu a peu amené vers la certitude d'une sortie imminente.
- Indices sur la sortie du DRACO
Les indices sur la sortie prochaine du Draco
Puis peu de temps après a fait surface un brevet chinois enregistré par TinyPhoton, la branche spécialisée en Recherche & Développement de DwarfLab. Celui-ci décrivait très précisément trois prototypes de telescopes avec des ouvertures allant de 90 a 98 mm et des longueurs focales de 340 à 540 mm.
Dans le même temps, en creusant dans les fichiers APK de leur application mobile, j'ai également trouvé le Draco au milieu d'autres futurs modèles.
Quel Spécifications et quel Capteur pour le Draco?
Peu de chances que DwarfLab aille s'aventurer vers d'autres capteurs... donc personnellement je table sur l'IMX 585, qui en plus colle parfaitement à ce qui était décrit dans les brevets.
Champ de vision du DRACO
Comment faire tenir 340 mm dans seulement 145 mm?
Le véritable tour de force de cette conception n’est finalement pas sa focale de 340 (ou 342) mm. Le plus intéressant est de réussir à faire tenir un trajet optique de cette longueur dans un boîtier qui ne mesure que 145 mm, soit moins de la moitié de la focale.Avec une lunette réfractive classique, c’est tout simplement impossible. La longueur du tube doit être proche de la focale: un objectif de 340 mm nécessite donc un encombrement conséquent. Ici, les concepteurs ont choisi de "plier" le trajet de la lumière à l’intérieur du boîtier.
La lumière commence par être réfléchie vers l’arrière par le miroir primaire. Elle est ensuite renvoyée vers l’avant par un petit miroir secondaire situé à l’arrière de l’élément frontal, avant de repartir une nouvelle fois vers l’arrière et de traverser une ouverture au centre du miroir primaire pour atteindre finalement le capteur. La lentille divergente intervient ensuite pour compléter le travail optique.
Ce jeu de miroirs permet donc de faire parcourir à la lumière un chemin beaucoup plus long que ne le laisse penser la taille du boîtier. C’est ce qui permet d’obtenir une focale de 340 mm dans seulement 145 mm de longueur physique.
Bien entendu, cette compacité a un prix. Le miroir secondaire se trouve directement sur le trajet optique et crée donc une obstruction centrale. D'après les chiffres du brevet, son diamètre représente entre 30 et 45 % de celui de l’élément frontal. Cette obstruction réduit donc légèrement la quantité de lumière effectivement collectée et peut également entraîner une petite perte de contraste par rapport à une lunette réfractive non obstruée de même diamètre.
Mais il faut relativiser ce point: l’obstruction centrale n’est absolument pas une particularité de cette conception. Tous les systèmes utilisant un miroir secondaire placé dans le trajet de la lumière doivent composer avec ce phénomène. C’est notamment le cas de nombreux télescopes réflecteurs, comme les astrographes Ritchey-Chrétien, dont l’obstruction centrale se situe généralement autour de 36 à 47 %.
Autrement dit, le brevet ne fait pas apparaître ici un problème inédit. La véritable prouesse consiste plutôt à réussir à intégrer cette architecture optique complexe dans un boîtier aussi court.
Le fait de replier le trajet optique apporte toutefois d'autres défis techniques.
Les miroirs primaire et secondaire doivent rester parfaitement alignés malgré les variations de température. Le brevet évoque des situations pouvant représenter jusqu'à 40 °C d'écart entre un garage chaud et une utilisation en extérieur par temps froid. À ces niveaux de variation, même de très petits déplacements des éléments optiques peuvent avoir des conséquences sur la qualité de l'image.
La fabrication est également plus complexe que celle d'une simple lunette réfractive. Ici, plusieurs surfaces réfléchissantes et réfractives doivent fonctionner ensemble avec une grande précision. Les différentes tolérances de fabrication peuvent donc s'accumuler plus rapidement.
Cela ne veut évidemment pas dire que le système ne fonctionne pas. C'est simplement le genre de problème que les concepteurs doivent résoudre lorsqu'ils cherchent à faire entrer une longue focale dans un volume extrêmement réduit. Et c'est justement pour cette raison que le brevet détaille assez largement la manière dont ces différents compromis sont gérés.
Les chiffres présentés dans le brevet sont d'ailleurs assez intéressants et présentent des performances optiques plutôt ambitieuses.
Celui-ci annonce une illumination relative de 98,29 % sur les bords du champ. Dit plus simplement, cela signifie que la luminosité reste extrêmement homogène sur l'image: même dans les coins, on conserve près de 98 % de la luminosité mesurée au centre.
Pour une optique aussi compacte, avec une focale de 340 mm enfermée dans seulement 145 mm et un trajet optique replié, c'est loin d'être anodin.
Le véritable intérêt de cette conception est donc moins de chercher à réinventer le télescope que de résoudre un problème très concret: comment obtenir une longue focale sans avoir à transporter un tube de 340 mm de long? Et sur le papier, le brevet semble avoir trouvé une solution particulièrement efficace à ce problème.
Pourquoi le Draco aurait un avantage évident pour les petites cibles?

Même constat pour la nébuleuse du Croissant et la nébuleuse de la Bulle, qui mesurent toutes deux environ 20 minutes d’arc. Elles rempliraient une portion sensiblement plus importante du cadre avec le téléobjectif du Draco.
Le cas de M51 est aussi intéressant puisque la galaxie du Tourbillon et sa petite compagne s'étendent sur environ 11 minutes d’arc au total: elles tiendraient donc largement dans le champ de Draco, tout en profitant d’une échelle de pixels plus fine. On devrait ainsi pouvoir distinguer davantage de détails dans leur structure qu’avec par exemple le Dwarf 3.
Pour les objets beaucoup plus étendus (les grandes nébuleuses par exemples), le bilan est évidemment moins favorable.
La région complète des Piliers de la Création et de l’amas de M16, qui occupe déjà une bonne partie du champ du Dwarf 3, demanderait un cadrage beaucoup plus précis avec Draco.
Et pour un objet aussi vaste que la galaxie d’Andromède, son grand axe dépasserait largement le champ disponible. Une mosaïque serait donc probablement nécessaire. Le Dwarf 3 resterait ici plus polyvalent grâce à son champ plus large.
Autrement dit, Draco ne chercherait pas forcément à remplacer le Dwarf3 sur les objets les plus vastes. Son intérêt serait plutôt de proposer une approche différente: moins de ciel autour de la cible, davantage de résolution et plus de sensibilité pour les objets compacts, tout en conservant une caméra grand angle capable de faciliter le repérage et le cadrage.
Ce que les images qui ont fuité révèlent
Sur la photo en haut à gauche:
- 90毫米更大光圈 : 90 mm plus grande ouverture
- 更深邃的光线捕捉: plus profonde capture de lumière
en bas à gauche:
- 即将到来 : À venir prochainement
en bas à droite:
- 杰作 : chef-d'œuvre
- 延长拍摄时间: Pprolonger le temps de prise de vue
Ces images confirment donc trois choses essentielles:






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